Test du produit
« une capsule temporelle en argent massif... »
Yard O’Led est une honorable maison anglaise fondée en 1934 et destinée à produire des porte- mine. Après la seconde guerre mondiale, la Yard O’Led company absorbe la vénérable Sampson Mordan Ltd. qui fabriquait des « crayons mécaniques » depuis 1822.
Le fondateur, Leopold Brenner a breveté un nouveau type de porte-mines capable d’accueillir 12 mines de 3 pouces, soit un yard (0,91 cm) de mine ( yard of lead, soit « yard o’led »).
Aujourd’hui, Yard O’Led a développé une gamme large, notamment de magnifiques stylos à plume. L’argent massif est à l’honneur dans sa production, respectant en cela une tradition bien anglaise du « sterling silver ». Aujourd’hui, Yard O’ Led est une division du groupe Filofax, mondialement connu.
Le Diplomat qui m’est confié est une icône: il s’agit d’un porte-mines en argent massif, inchangé depuis 1934 ! Premier instrument d’écriture produit par Yard O’Led, il s’agit d’une véritable « capsule temporelle » qui nous entraîne dans les années 30, de l’Art Déco, des somptueuses Rolls Royce silver ghost, d’un empire colonial britannique incontournable et du règne de Georges V. Hexagonal, strict comme un gentleman de Londres, il est en argent massif lisse, d’une grande sobriété.
J’aime ce métal blanc que les années et l’usage patine. Il n’a pas la froideur de platine ou du rhodium, il « vit » avec la main qui le manipule.
Assez court et fin, le Diplomat comporte un tête plate hexagonale qui vient faciliter le mouvement de l’extrémité qui manœuvre la montée ou de descente de la mine. L’ensemble évoque un crayon, d’autres y verront un clou de luxe (pour fixer leurs idées sur le papier, je présume...)
L’extrémité par laquelle s’extrait la mine, de section ronde, est d’une grande finesse, ce qui accentue l’élégance de l’objet.
Les connaisseurs d’argenterie anglaise retrouveront avec plaisir les nombreux poinçons qui ornent l’une des facettes du porte-mine.
Le clip, bien pratique pour mettre l’instrument dans une poche poitrine, est à lui seul un hymne aux années 20 ou 30. Forme sobre, riveté, il s’évase un peu vers le bas, avec cette grâce retenue que l’on retrouve aussi en contemplant les théières anglaises de qualité...
La prise en main du Diplomat peut inquiéter, tant il semble fin, lisse et conique là où les doigts sont sensés se poser... En fait, en le tenant un peu plus haut, à la jonction entre le corps hexagonal et la pointe conique, une zone de préhension se révèle assez confortable pour écrire ou dessiner.
Le design même de l’objet prescrit d ‘ailleurs un usage «en retenue» où le scripteur prendra son temps, comme un « english gentleman » saurait le faire, sans pression excessive, sans célérité exagérée.
Le Diplomat ( qui doit aussi savoir prendre son temps...) révèle alors tout son charme de « vrai porte-mines ancien neuf » et donnera bien du plaisir à son utilisateur.
La mine, de 1,18 mm est très confortable à l’usage et beaucoup moins fragile que les habituelles 0,5 mm que l’on rencontre dans bien des porte-mines. Sans offrir les possibilités et la souplesse d’une bonne plume, cette mine large donne toutefois nettement plus de caractère à l’écriture qu’un stylo à bille.
Le système de changement de mine est de nature à solliciter la patience de l’utilisateur. On ne date pas de 1934 sans respecter toutes les caractéristiques de l’original, y compris celle-ci, et on ne loge pas un yard de mines dans un porte-mines sans quelques contraintes techniques...
Votre détaillant préféré se fera un plaisir de vous expliquer la manipulation, je n’en doute pas.
Il vous annoncera ensuite le prix de ce bien bel instrument, qui peut paraître onéreux pour celui qui le considérerait comme un simple crayon. Il est cohérent, si l’on considère la complexité de fabrication et la noblesse des matériaux utilisés pour ce Diplomat au charme indéniable.